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[Débutants] Chapitre 5 : la zone de netteté et les types de flous.

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Lionel
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[Débutants] Chapitre 5 : la zone de netteté et les types de flous.

Message par Lionel le 22/5/2014, 05:51

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Bonjour.

Au précédent chapitre, nous avions vu comment utiliser un appareil photo en sortant du pilotage automatique tout en ayant la contrepartie une assistance de l'appareil.

1) La netteté.

Jusqu'ici, j'ai volontairement exclu une notion importante parce qu'elle se devait d'intervenir seulement après l'exposition. C'est la notion de zone de netteté.

La netteté, nous en avons parlé au chapitre 1 avec le focus, au chapitre 3 avec la vitesse d'obturation devant être plus rapide que l'inverse de la distance focale pour éviter d'enregistrer un flou de bouger.

Mais une photographie peut très bien être nette à un endroit et floue à un autre endroit. Elle peut aussi être nette de partout.

Par exemple, on peut souhaiter que ce qu'il y a derrière notre sujet soit flou puisque ce n'est pas ce que nous voulons montrer. C'est le cas de nombreuses photos ce qui va faire que la zone qui va être nette va donc être lisible à l'inverse de la zone floue.

Cette zone de netteté s'appelle "la profondeur de champ".


2) La profondeur de champ.


Regardez attentivement ces deux photographies d'un seul et même sujet. Une belle rose jaune !





Sur les deux prises de vue, le sujet est bel et bien net. Mais c'est ce qu'il y a devant et derrière le sujet qui change.
Sur la première, si nous voyons bien cette rose, le reste apparaît complètement flou.
Sur la deuxième, nous voyons également très bien la rose, le reste apparaît déjà plus net.

Voyons maintenant une troisième photo :



Cette fois-ci, c'est net partout.

La profondeur de champ, on pourrait l'appeler "profondeur de champ visuelle" puisque c'est la zone qui va être nette. Elle peut faire quelques millimètres ou être totale comme dans le cas de cette photo de la ville de Lyon où l'on a une grande profondeur de champ.

En revanche, si nous revenons au notre premier cliché, la profondeur de champ ne fait que quelques centimètres. On dit alors que la profondeur de champ est courte ou petite.

Le second cliché a une profondeur de champ plus longue puisque nous distinguons mieux l'arrière mais aussi l'avant. Les feuilles vertes aux côtés de la fleur sont plus nettes, étant donné qu'elles sont plus proches de nous et donc en-dehors de la zone de netteté dans le cas du premier cliché.

Lorsque ce qui est en-dehors de la profondeur de champ est tellement flou que nous ne distinguons plus de quoi s'agit-il, on dit alors que cette partie là est le "bokeh". A ce titre, on peut dire que la photo n°1 a un joli bokeh en arrière plan grâce à une profondeur de champ très courte.

Dans le cas où la profondeur de champ soit courte, on comprend l'importance du chapitre 1 qui expliquait de bien faire la mise au point sur la bonne distance. En effet, si j'avais fait la mise au point un peu plus devant la rose ou un peu plus derrière la rose, cette dernière aurait été en plein dans la zone floue. Encore pire : dans le cas où j'aurais fait la mise au point très éloignée de la fleur, la rose aurait été dans un bokeh ce qui ne présente bien sûr aucun intérêt puisque l'on veut bien distinguer cette rose et non pas la noyer dans le bokeh.

3) Etablir le type de flou.

On a pu voir ce qu'est la profondeur de champ. C'est bien beau, mais concrètement, comment choisir la profondeur de champ que l'on veut sur une prise de vue ? Si je veux que ma photo aie une grande profondeur de champ afin de bien montrer ce qui est devant et derrière le sujet ou si je veux au contraire que mon sujet soit bien isolé du reste de l'image. Comment ai-je fait ?

A) L'hypothèse d'une mauvaise mise au point.

Aurais-je bien fait la mise au point sur l'une et mal faite sur l'autre ? Dans les deux cas, conformément au chapitre 1, j'ai bien fait la mise au point à la distance où se trouve le sujet et la profondeur de champ n'est pourtant pas la même. Certes le cadrage n'est pas pile le même étant donné d'être à main levée. Donc en effet, ça ne peut pas être une question de mise au point. Cette hypothèse s'effondre.

B) L'hypothèse d'un changement de vitesse d'obturation.

On pourrait se dire, conformément au chapitre 3, que j'ai peut-être utilisé une vitesse d'obturation lente pour la première photo qui a pu provoquer un flou de bouger puisque nous devons être à au moins 1/60ème de seconde à main levée et aussi à une vitesse plus rapide que l'inverse de la distance focale (comme étudié au chapitre 3). Ma distance focale sur cette photo est de 45mm et les vitesses sont toutes plus rapides qu'1/60ème de seconde.
Mais comment vérifier ça sans les caractéristiques techniques ?
Si le flou intense (le bokeh) de la première photo était du au flou de bouger engendré par une vitesse d'obturation trop lente, certes, l'arrière plan serait flou, mais la rose aussi ! Or, vous remarquerez qu'il n'en est rien. La rose est bel et bien nette. A partir du moment où vous avez une zone bien nette aussi courte soit-elle, le flou présent devant et derrière, n'est alors jamais du à un flou de bouger. Cette deuxième hypothèse s'écroule également.

4) Les paramètres influençant la profondeur de champ.

Il existe différents facteurs qui influencent la profondeur de champ :

1 - La distance focale (étudiée en chapitre 2),
2 - L'ouverture du diaphragme (étudiée en chapitre 3),
3 - La distance entre le sujet et l'élément situé derrière ou devant ce sujet,
4 - La distance sur laquelle nous nous trouvons par rapport au sujet.

A) L'influence de la distance focale.

Plus la distance focale est longue, et plus votre profondeur de champ sera courte. C'est pour ça que lorsque nous sommes sur téléobjectif (par exemple une distance focale de 200mm) que malgré l'obtention d'une vitesse d'obturation plus rapide qu'1/200ème de seconde (pour 200mm de focale) nous restons sur une profondeur de champ assez courte.
Inversement, plus la distance focale est courte, et plus votre profondeur de champ sera grande. En cas d'utilisation d'une optique grand angle, la distance focale étant toute petite, la profondeur de champ devient très vite totale.
Tous les appareils photos numériques de catégorie compact, compact expert, ou bridge utilisent de toutes petites distances focale ce qui fait que nous avons toujours de grandes profondeurs de champ lorsque le sujet est net. Il est impossible de faire un bokeh avec un appareil photo compact ou bridge.

B) L'influence de l'ouverture du diaphragme.

Plus votre diaphragme sera ouvert grand, et plus votre profondeur de champ sera courte. Les optiques n'étant pas identiques, certaines proposent de plus grandes ouvertures de diaphragme que d'autres. Généralement, les optiques que l'on trouve fournies avec les appareils reflex et hybrides ont des valeurs d'ouverture maximales de f/4 pour le grand angle et de f/5.6 lorsque la distance focale est au maximum. Moi j'ai utilisé une optique à focale fixe de 45mm qui permet d'ouvrir un diaphragme jusqu'à f/1,8.
Sur la première photo j'ai utilisé une grande ouverture de diaphragme de f/2,8, et sur la deuxième photo une ouverture de diaphragme de f/8. Ce n'est donc pas non plus un changement de distance focale qui a fait changer ma profondeur de champ mais bel et bien un changement d'ouverture du diaphragme. En refermant mon diaphragme à f/8 (souvenez-vous que plus l'ouverture est petite et plus le chiffre est grand), j'ai pu élargir la profondeur de champ.
Le mode "Programme" étudié en chapitre 4 présente donc davantage son occuité puisque nous pouvons changer en même temps l'ouverture du diaphragme et de la vitesse d'obturation en conservant la même exposition puisque l'appareil réadapte la différence.

C) L'influence de la distance entre le sujet et l'élément au fond.

On a pas forcément une optique dont le diaphragme construit en usine permet de s'ouvrir énormément. On peut donc avoir recours à un téléobjectif. Mais quoi qu'il en soit, si vous voulez que votre arrière plan soit suffisamment flou, il va falloir surveiller qu'aucun élément ne soit présent derrière sur une certaine distance (par exemple 1 mètre ou 2 : ceci est variable en fonction de différents points). Si vous avez un élément qui se trouve juste derrière à quelques centimètres, pour avoir un fond flou, écartez le ou soyez dans une situation où vous allez avoir cet écart de distance suffisant (exemple : 1 personne derrière située à plusieurs mètres derrière le visage de celui que vous photographiez).

D) L'influence de notre distance physique par rapport au sujet.

Si vous vous trouvez à une distance importante de votre sujet, une grande ouverture de diaphragme aidera à limiter la profondeur de champ, ok. Mais en étant loin (à moins d'utiliser un téléobjectif), la délimitation de la zone nette sera moins frappante que si vous vous rapprochez physiquement de votre sujet.
Attention : on doit toujours être à un minimum de distance par rapport au sujet sinon tout est fou. Cette distance est toujours indiqué sur votre optique. Si par exemple il est notifié par exemple 80cm, il est impossible de faire la mise au point si vous vous trouvez à moins de 80cm du sujet. Donc cette distance varie en fonction de votre optique. Dans le cas de l'optique que j'ai utilisée qui est la Zuiko 45mm 1.8 (1.8 indiquant la valeur d'ouverture maxi possible f/1,8), la distance minimale dont je dois me tenir par rapport au sujet est de  50cm. En-dessous, tout est flou. C'est le même principe pour toute optique. Pendant ma prise de vue, j'ai donc fait attention à me trouver à une certaine distance légèreùent au-delà de ce minimum.


5) Programmer sa profondeur de champ.


Pour programmer sa profondeur de champ, il convient donc d'avoir l'accès au paramètre de l'ouverture du diaphragme prioritairement au reste des paramètres de l'exposition. Pour cela, vous pouvez continuer à utiliser le mode programme ou bien utiliser également le mode donnant l'accès à l'ouverture du diaphragme en priorité. C'est ce que l'on appelle le mode priorité à l'ouverture du diaphragme, mentionné sur les molettes "A" ou "Av" ("A" sur Olympus, Nikon et Sony et "Av" sur Canon et Pentax). Ce mode expert est celui le plus souvent utilisé.

J'attends toutes vos questions en rapport avec ce tutoriel. Posez toutes les questions que vous voulez. J'adore expliquer !

Cordialement.


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Dernière édition par Lionel le 6/8/2014, 13:11, édité 1 fois (Raison : 06-08-14 Ajout des liens au sommaire.)


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En plus parlons de l'hyperfocale !

Message par Photographix le 15/8/2014, 09:22

Bonjour,
Lionel , comme à son habitude, a rédigé un bon article sur la zone de netteté (appelé aussi profondeur de champ PdF) et des causes de plans flous (inverse de la netteté).
Cependant dans certains cas (paysages,macro photos) on a besoin d'une zone de netteté supérieure à l'ordinaire:
il faut alors penser à voir si l'hyperfocale ne permet pas de résoudre le problème à la prise de vue.
Qu'est-ce que l' hyperfocale ? C'est une caractéristique physique de l'objectif qui permet d'étendre la PdC d'un avant plan à un arrière-plan (parfois à l'infini en paysages) rendant ainsi plus agréable l'aspect de la photo (sauf lorsque la recherche d'un plan flou est souhaité le bokeh en portrait par ex.).
Comment faire une prise de vue avec l'hyperfocale de l'objectif utilisé ?
La profondeur de champ étant fonction :
- de l'ouverture du diaphragme
- de la distance objectif sujet
- de la focale utilisée
il faudra régler ces 3 paramètres en fonction de l hyperfocale souhaitée, les tables de dofmaster.com sont une aide précieuse surtout pour des débutants.
voici un extrait comparant PdF et hyperfocale:

On y voit bien la zone visée (collimateur central recommandé) à l'hyperfocale et la diffèrence d'étendue de la zone de netteté dans les deux cas.
Il est donc intéressant de connaitre cette technique de prise de vue surtout pour les paysages ou les marines.
cordialement
Photographix


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