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J'explique des photons à la photo !

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Lionel
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J'explique des photons à la photo !

Message par Lionel le 25/10/2013, 21:39

Introduction :

Ce tutoriel entièrement rédigé par moi-même n'a pas pour vocation d'être exhaustif. Pour le rédiger, je ne me suis servi que de mes connaissances (et non celles des autres), mais j'en ai profité pour utiliser certains schémas trouvés sur le net que j'ai réadapté. J'ai essayé d'être pédagogique, et de commencer doucement. Le but est de comprendre ce qu'est la lumière, et donc de mieux comprendre l'origine de notre encre. Sans elle, c'est comme si un peintre n'avait que des pinceaux sans peinture. Je pense que le peintre aurait quelques petites difficultés tout de même ^^ clown
Si j'ai fait ce tutoriel, c'est aussi pour moi : cela me paraît important de pouvoir réécrire une partie de ce que j'ai moi-même appris au moyen du livre "Manuel d'éclairage photo" des Editions Eyrolles (Cliquez ICI pour voir son dossier.).
J'espère pouvoir vous apprendre des choses, et c'est vrai que j'aurais pu faire un tutoriel plus complet, mais je pense que le contenu aurait été trop difficile à digérer.


1) Les photons et leurs champs sphériques.

La lumière est constituée d'une infinité de particules d'énergie. Chacune de ses particules ne connaît qu'un seul et même nom identique depuis toujours : le photon.

L'étude de la lumière commence donc par l'étude d'un photon, cette particule d'énergie. La constitution d'un photon est en fait analogue à un fruit : on pourrait prendre l'exemple d'une pêche. Cette dernière comporte un noyau et bien évidemment du fruit tout autour. Le photon à ce moment là représenterait le noyau de cette pêche.

Bien que nous parlions souvent des photons, il est vrai que nous n'avons pour habitude dirais-je de parler réellement de ceux-là mais de l'intégralité de la composition de cette particule d'énergie qui ne comprend pas seulement un noyau mais bel et bien un champ tout autour de forme sphérique (d'où l'exemple de la pêche et son noyau).

Le champ qui couvre toujours le photon est appelé "champ électromagnétique". Ce terme peut paraître un peu complexe, un peu scientifique, et il l'est bel et bien.

Cependant, nous avons le moyen de pouvoir simplifier tout cela et déjà d'expliquer l'origine de ce nom et cela commence par ce que nous entendons à sa prononciation "électromagnétique".


J'ai trouvé que l'exemple de la pêche convenait bien pour illustrer le photon avec le champ sphérique qui l'entoure.

"Electromagnétique" signifie la présence d'une activité électrique ajoutée à une activité magnétique. Si l'électricité nous dit à tous quelque chose, le magnétisme est déjà moins évident : on le rencontre avec des aimants qui peuvent se repousser ou au contraire s'attirer. C'est donc qu'il y a bel et bien une activité magnétique. Le champ électromagnétique entourant cette particule que l'on appelle "photon" comporte donc l'adéquation de ces deux activités simultanées d'électricité et de magnétisme.

C'est là qu'intervient une notion importante : la variation quant à l'intensité de ces paramètres. En effet, ils ne sont pas linéaires. Une variation est donc bel et bien présente et se comporte d'une manière régulière. C'est à dire qu'autant l'intensité électrique que l'intensité magnétique varient constamment. On dit qu'elles "oscillent".

Concernant cette oscillation du champ électromagnétique entourant le photon, on peut la représenter telle une courbe graphique. On s'aperçoit alors que l'oscillation est régulière. Elle part d'une intensité de 0 jusqu'à l'intensité maximale, puis retourne ensuite à 0, jusqu'à la polarité négative maximale, et à nouveau retourne à 0. Ce cheminement se répète constamment sans arrêt. Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'énergie constituant ce champ électromagnétique est pourtant constante.


Schéma simple de l'oscillation d'un élément quelqu'il soit. On voit les retours réguliers vers le zéro puis vers chaque extrêmité (positive et négative).

Alors, comment peut-on parler d'une source d'énergie constante dans le champ électromagnétique alors que celle-ci ne cesse de varier comme le montre le graphique ?

Pour comprendre cela, rappelons-nous que le champ électromagnétique comporte deux composantes (électricité et magnétisme). Chacune oscille bel et bien en même temps, mais il ne s'agit point de la même courbe. En d'autres termes, dans la réalité, nous avons deux courbes oscillantes : une courbe pour l'activité électrique, et une courbe pour l'activité magnétique. Au sein de ces deux courbes, l'intensité de l'une est mathématiquement opposée à l'intensité de l'autre de sorte que l'adéquation de ces deux éléments forment justement toujours la même quantité énergétique. Par exemple lorsque le champ électrique est sur la polarité maximale, le champ magnétique lui, est sur la polarité minimale et inversement. Il est évident que dans cette situation, l'adéquation de ces deux éléments forment une énergie constante.
On peut donc déclarer à juste titre que l'oscillation électrique et l'oscillation magnétique se présentent sur deux courbes (une de chaque) qui évoluent en même temps et se complètent pour former une seule et même quantité énergétique constante.
Donc, le graphique présenté plus haut est incomplet. En effet, on peut dire qu'il représente uniquement une seule composante du champ électromagnétique (la composante électrique par exemple).


2) La longueur d'onde dans le champ sphérique.

Si chaque composante du champ électromagnétique évolue en même temps et Mathématiquement opposé, cela ne veut pas dire que tous les photons ont un champ électromagnétique dont la vitesse d'oscillation est identique. En reprenant le graphique montré sur la courbe, que représente le sens de gauche à droite ? Tout simplement le temps qui passe pendant chaque oscillation. Nous allons trouver des photons qui vont avoir un champ électromagnétique comportant une oscillation avec des vitesses très différentes. C'est ainsi que l'on parle de la fréquence d'oscillation (par rapport à un temps donné). La longueur d'onde est la mesure effectuée entre deux polarités extrêmes. Plus la fréquence d'oscillation est élevée et plus la longueur d'onde est courte. Plus la fréquence d'oscillation est faible, et plus la longueur d'onde est grande.
Afin de simplifier la compréhension, nous allons faire comme s'il n'y avait qu'une seule courbe comme par exemple la composante électrique, c'est tout.
Si l'on situe sur un graphique cette courbe oscillante schématisée de gauche à droite sur un espace temps important, une longueur d'onde courte signifie une fréquence importante et donc de très nombreuses oscillations pratiquement les unes à côté des autres dessinant un peu des stalactites et des stalagmites.
Mais si l'on observe le champ électromagnétique d'un autre photon, un champ électromagnétique qui cette fois-ci aura une fréquence d'oscillation beaucoup moins élevée, alors on aura une grande longueur d'onde, et cette courbe là n'aura plus des ondulations les unes à côté des autres mais bien plus espacées : elle dessinera davantage des montagnes arrondies.



Sur ce schéma ci-dessus, disons que nous parlons de trois particules d'énergie différentes, et par conséquent de 3 photons différents avec leur fréquence d'oscillation de leur champ électromagnétique. On simplifie en ne prenant qu'une seule courbe (composante électrique et on délaisse la magnétique).

Sur l'exemple numéro 1, on trouve une fréquence d'oscillation électrique moyenne. Regardez la longueur d'onde : elle répond au caractère "modéré" de la fréquence ("modéré" entre guillemets car Mathématiquement cela ne veut rien dire).

Sur l'exemple numéro 2, la fréquence d'oscillation électrique est beaucoup plus importante que sur le 1er exemple. La prise de mesure entre les deux polarités à amplitude maximale est sacrément plus courte !

Sur l'exemple numéro 3, la fréquence d'oscillation électrique est moins importante que sur les deux premiers exemples. Du coup, la mesure entre les deux amplitudes maximales devient beaucoup plus longues ! Souvenez-vous du paysage valloné.

Il existe une unité qui permet de mesurer la fréquence d'oscillation : le Hertz (schématisé Hz). Lorsque la fréquence d'une oscillation est égale à une seconde, cela correspond à 1 Hertz. Mais comme vous vous en doutez, les vitesses d'oscillation sont bien plus rapides que cela. Les plus lentes atteindraient environ 10 millions de Hertz ce qui signifie 10 millions d'oscillation en l'espace d'une seule seconde !


3) La température.


Pourquoi est-il important de savoir que cette vitesse d'oscillation au sein du champ électromagnétique entourant le photon (rappelez-vous la pêche) puisse être plus ou moins rapide ou plus ou moins lente ? Le principe reste le même quelque soit la vitesse non ? Absolument ! Mais cette vitesse d'oscillation est un concept qui conserve son importance scientifiquement parce que c'est ce qui va permettre de définir la nature des photons, ou plutôt le nom qu'on leur donne, et tous les photons n'ont pas du tout les mêmes fonctions dans la vie.
En revanche, nul besoin de connaître toutes les fréquences. Moi je ne les connais pas par coeur ayant toujours du mal avec les unités découlant du Hertz (MégaHertz, GigaHertz, TeraHertz, etc...). Mais vous pouvez facilement les trouver par contre.

Si l'on prend par exemple un photon ayant autour de lui un champ électromagnétique d'une certaine vitesse d'oscillation, si celle-ci est située entre telle et telle vitesse, alors le photon sera visible à l'oeil nu. Si par contre, la vitesse d'oscillation est plus rapide ou plus lente que ce qui peut être vu à l'oeil humain, alors dans ce cas le photon sera invisible. Et ce que nous voyons ne correspond qu'à une faible partie du spectre total des photons même à notre meilleur âge et avec 10 de vision pour chaque oeil.

Concernant la lumière visible, nous disposons néanmoins bel et bien d'une "plage" (dirais-je) suffisante pour pouvoir apercevoir différents types de lumière. C'est de là d'où vient le secret de notre perception de la couleur. En effet, de la fréquence d'oscillation du champ électromagnétique (ou de la longueur d'onde) dépend de notre perception des couleurs.
Contrairement à ce que nous apprenons sur le plan artistique, la réalité physique nous explique bien que les lumières plus chaudes ont bien une composante bleutée et non rougeâtre. Le spectre démontre que la longueur d'onde est plus courte avec la lumière bleue qu'avec la lumière rouge. N'avez-vous jamais vu par exemple dans une vidéo amateur des rayons bleus verticaux partant des ampoules du plafond jusque vers le sol ? Cette lumière aveuglante est bleue et bel et bien chaude, et paradoxalement, sur le plan artistique, il est vrai que l'on nous apprend qu'il s'agit d'une lumière froide.


La lumière bleue du soudeur a une plus grande fréquence d'oscillation de son champ électromagnétique que la lumière rouge.

La température pour la mesure de la lumière ne connaît qu'une seule unité à ma connaissance : le Kelvin (qui représente le nom d'une personne). Le Kelvin est schématisé par un K majuscule suivi d'un degré (K°). Nous pouvons régler la température de couleur d'une lumière depuis notre appareil. La température réelle de la lumière peut varier entre 2000 K° et 10000 K°. La lumière du jour est comprise entre 5200 K° et 5600 K° tout comme pour les lampes flashs. Les lumières Tungstènes artistiquement plus froides mais bien plus chaudes dans la réalité, tournent à moins de 3000 K°. Pour connaitre avec plus de précision la température exacte du lieu où vous vous trouvez, réglez la balance des blancs sur un papier blanc. L'apparition de celui-ci blanc sur la photo déterminera la température de couleur dans laquelle vous vous trouvez, tandis que ce papier restitué bleu ou rouge vous indiquera une mauvaise mesure et la nécessité de répéter l'opération.


4) Les différentes dénominations des photons.


Dans le spectre total des photons, l'oeil humain ne voit qu'une toute petite partie. Il est intéressant d'observer que selon la fréquence du champ électromagnétique, les photons ne se comportent pas du tout de la même façon.
Dans les fréquences les moins élevées du champ électromagnétique soit à environ 10 millions d'oscillation à la seconde (soit 10 millions de Hertz), les photons contournent et traversent tous les obstacles. Il s'agit tout simplement de la radio de votre poste.
A une fréquence un peu plus importante se trouve les radars, et encore davantage les infrarouges situé juste-en dessous de ce que l'oeil humain peut percevoir. Dans la communication entre les caméras et les cobra flashs, je vous avais parlé du "Wireless" : ce petit flash incorporé à l'appareil envoyant une lumière. Nous n'en voyons qu'une partie car celle-ci est codée par infrarouge.
L'infrarouge est utilisé par exemple par des poêles à pétrole d'appoint pour nous chauffer. On ne peut donc pas véritablement parler d'une lumière même si la constitution reste toujours composée de photons avec leurs champs électromagnétiques.

En revanche, les photons dont la fréquence est plus rapide que la vue humaine ne contournent pas du tout tous les obstacles mais pénètrent bel et bien dans la peau et y restent : il s'agit des ultraviolets appelés "UV". Ils sont aussi craint par les lentilles de nos optiques. C'est pourquoi les fabricants les protègent des ultraviolets. D'après ce que m'avait enseigné Michel (Myrddindu13), les optiques étant déjà protégées des UV, il est inutile dans le cas d'achat d'un filtre de protection qu'il soit lui aussi anti UV.

Certains photons permettent aussi de pouvoir observer à l'intérieur de notre corps : je veux bien sûr parler des rayons X que nous utilisons pour la radiographie ainsi que pour les scanners. Les rayons X sont réputés pour être dangereux à la santé en cas de contacts prolongés (j'ignore pourquoi : mes connaissances s'arrêtent avant).


Sur ce schéma, on voit bien une partie de la limite de notre vue.

La dénomination des photons dépend donc de la fréquence d'oscillation de leur champ électromagnétique. Voici l'ordre à ma connaissance des photons dont la fréquence de leur champ électromagnétique est du plus faible à la plus élevée :

- Les ondes radios,
- Les radars,
- Les infrarouges,
- La vue humaine partant de la lumière rouge qui est froide à la lumière bleue qui est chaude,
- Les Ultraviolets UV
- Les rayons X



5) Les paramètres de la photométrie.


Revenons aux photons visibles car ce sont eux qui vont nous intéresser photographiquement. La science qui étudie notre encre à savoir la lumière s'appelle la "photométrie" et reste divisée en 4 sections. Ce sont surtout les 2 dernières qui sont utilisées en photographie. L'éclairage d'un objet est un moyen de pouvoir comprendre ces paramètres d'une façon chronologique. Oubliez bien vite les watts qui n'ont pas grand chose à voir là-dedans. Jetons à la poubelle cette unité publicitaire.

Le premier paramètre est l'intensité de la source de lumière. Cette intensité est mesurée en candelas (CD).

Cette intensité va envoyer un certain flux lumineux. Celui-ci est mesuré en lumen (lm).

Les photons poursuivent leur trajectoire jusqu'à ce qu'ils touchent l'objet. L'objet reçoit alors un éclairement. Celui-ci est exprimé en lux qui est en fait un quotient établi par le flux lumineux divisé par la surface de l'objet en mètre carré. Le lux correspond donc à lumen/m2.


Le luxmètre est l'appareil qui mesure l'éclairement en LUX que reçoit une surface (lumen/m2).

Enfin, l'objet en question renvoie les photons. C'est ce que l'on appelle la réflexion, dit aussi "luminance". Sa mesure est établie en candelas par mètre carré (CD/m2). C'est à dire que l'on prend l'intensité et on la divise par la surface de l'objet établi en m2. L'unité Nits peut aussi être utilisée pour la mesure de la réflexion. 1 Nits = 1 CD/m2.

Tout ce que nous voyons ne correspond pas en réalité aux objets, mais à leur réflexion. Si vous enlevez la réflexion, nous ne voyons plus rien. Pour écrire avec la lumière, il est donc bougrement utile de comprendre le mécanisme de celle-ci.

Est-ce qu'il y a moyen de pouvoir mesurer plus ou moins simplement la luminosité sans rentrer dans un domaine trop scientifique ? Non seulement c'est possible, mais c'est aussi comme cela que l'on procède en photographie.


6) Quand la densité répond à la lumière.


Lorsque les photons atteignent un objet, c'est l'objet en question qui va décider de la suite. Il s'agit de sa densité. En fait, plus l'objet est proche du blanc, et plus il va renvoyer les photons. On dit alors qu'il réfléchit la lumière. A l'inverse, plus la densité de cet objet est élevé (proche du noir) et plus il absorbe les photons ne les renvoyant pratiquement pas. Les photons sont alors converti en chaleur ce qui explique que le noir attire la chaleur dans la vie.

On peut donc déjà parler de deux concepts : la réflexion et l'absorption. Sur l'exemple du noir où les photons sont absorbés puis converti en chaleur, il est très difficile de photographier un élément privé de sa réflexion ce qui fait que ça va être une réflexion à côté de la matière noire qui va nous permettre de voir le contour de la surface noire, tandis qu'en même temps, sur la surface noire, toutes les petites poussières blanches et grises vont réfléchir de la lumière dans le sens opposé et donc se voir.
A l'inverse, le blanc réfléchissant beaucoup de lumière, si les poussières sont bien présentes, leur réflexion est couverte par la réflexion de l'élément blanc qui va faire que l'on ne les voit plus. Par contre, tout élément sombre qui absorbe les photons sur cette matière blanche, va être visible puisqu'il ne réfléchit pas de lumière. C'est alors que l'on voit les tâches et les saletés sur cette matière blanches car leur très faible taux de réflexion contrastent avec le fort taux de réflexion du blanc.

Lorsque vous voulez renvoyer la lumière en photographie, tout ce que vous avez à faire est de placer une surface blanche à un endroit où la source de lumière vous la renverra vers l'axe optique. Il en va de même pour l'absorption. Tout élément noir placé en un endroit précis absorbera des photons et vous permettra de pouvoir abaisser la lumière.

Un exemple bien utile est un plafond lorsque l'on utilise une loubarde quelconque pouvant être dirigée sur lui. On sait qu'un plafond est blanc (ou presque blanc). A ce moment là, envoyer une lumière contre lui va permettre une réflexion en direction du sol, tandis que si vous projetiez cette même lumière sur un mur noir, et bien votre lumière ne sera en aucun cas réfléchie en sens inverse, mais disparaîtra par l'absorption de la densité de ce mur.

Voici maintenant une photographie que j'ai faite début juin de cette année. La source de lumière principale fut envoyée au plafond qui lui a réfléchit cette lumière en la renvoyant par dessus. On voit comme le gris du robinet réfléchit la lumière tout comme le bleu des carreaux. Le lavabo lui, absorbe les photons. L'éclairage n'est pas non plus suffisant puisqu'il aurait fallut un rappel de lumière pour déboucher sous la poignée.



Mais attention ! Si la réflexion appelée aussi "luminance" est bel et bien simple à comprendre via le caractère clair ou sombre du sujet, de nombreux éléments viennent s'ajouter à cela.


7) Les différents types de réflexions.


Une réflexion signifie quelque chose, mais reste tout de même très imprécis. Jusqu'ici, je n'ai volontairement pas parlé de la vitesse de propagation des photons.

Quelque soit la vitesse d'oscillation du champ électromagnétique entourant le photon, cela ne change en rien en la vitesse de propagation des photons. Lorsque les photons sont dans l'espace, tous (sans la moindre exception) se déplacent à la vitesse de la lumière. Cette vitesse est calculée en kilomètres parcourus en l'espace d'une seconde. Cette réelle vitesse est alors de 384'000 Km. Disons qu'en l'espace d'une seconde, cette vitesse parcourt 384 fois la distance du nord au sud de la France ! N'écoutez donc pas trop les bêtises de 300 kilomètres à la seconde dont je n'ai jamais compris pourquoi beaucoup de personnes se sont mises à croire ça.

Cette vitesse de propagation reste néanmoins ralentie lorsque les photons pénètrent dans l'atmosphère (je ne saurais pas vous dire de combien mais on reste à de très nombreux milliers de kilomètres à la seconde).


La vitesse de propagation des photons ralentit au contact de l'atmosphère.

Attention à ne pas confondre la vitesse de propagation des photons avec la fréquence d'oscillation du champ électromagnétique entourant le photon : cela n'a rien à voir ! Des photons avec des fréquences d'oscillation très différentes au sein de leurs champs électromagnétiques vont tous avoir la même vitesse de propagation dans le même lieu !

En réalité ce qui va faire que la vitesse de propagation des photons va momentanément changer, c'est lorsqu'ils rencontrent un obstacle. A ce moment là, il y a un ralentissement temporaire de la vitesse de propagation des photons qui va changer leur direction. C'est ce que l'on appelle "la réfraction". Un rayon réfracté est donc un rayon qui ressort d'un élément après y être rentré tout en ayant changé de sa trajectoire initiale. Le parcours du photon "traçant" un rayon de lumière va faire qu'avec la "réfraction", ce rayon va ressortir avec une trajectoire différente qu'avant d'être rentré.
Le meilleur exemple va être de placer un objet à moitié caché derrière une bouteille de verre. Le tracé de l'objet vu au travers de la bouteille est alors déformé.

C'est parce que le verre a un indice de réfraction important. Je sais que scientifiquement cela va aussi dépendre du type de verre et de son épaisseur mais je ne saurais pas faire de calcul en ce sens ^^ clown


Un exemple simple du phénomène visible de la réfraction. La vitesse de propagation des photons ralentit.

A l'intérieur de nos optiques, là aussi il y a de la réfraction puisque les rayons lumineux passant par la lentille frontale suivent une trajectoire précise décidée par les lentilles à l'intérieur de l'optique sinon nous ne photographierions qu'un espace très restreint.

La connaissance de la réfraction me semble importante pour comprendre le concept de la réflexion.

Il existe différents types de réflexions qui vont toutes êtres présentes de partout mais à des doses très différentes. On fait alors comme s'il n'y avait qu'un seul type de réflexion pour chaque cas étant donné qu'il y en a toujours une de majoritaire. Il existe des variantes au sein de ces réflexions, mais pour simplifier, disons que l'on a deux types de réflexions.

- La réflexion diffuse,
- La réflexion directe.

Alors quelle est leur différence ?

La réflexion diffuse dit aussi "lumière diffuse" est une dispersion des photons dans tous les sens.
La réflexion directe dit aussi "lumière directe" est une réflexion uniquement sur un angle précis.

En fait, cela ne touche pas tellement le type d'éclairage que vous utilisez, mais la manière dont l'objet va réfléchir la lumière. On a vu une partie de cela avec la densité.

Si vous dirigez le faisceau d'une lampe (faisant tant de lumen) à une certaine distance d'une surface précise, la réflexion sera alors majoritairement diffuse ou majoritairement directe selon l'objet qui reçoit l'éclairement (établi en lux comme expliqué pour la photométrie). Cet objet ne réfléchira pas du tout les mêmes nits qu'un autre tout d'abord en raison du flux d'éclairement, ensuite de sa propre densité, et enfin de sa matière. Il peut y avoir aussi toute une foule de réflexion de part et d'autre autour de l'objet parfois créé par votre propre lumière.

En effet, avec la même lumière, l'éclairement du bois, du plastique, du verre, du métal, d'un visage humain, et d'objets comprenant différents types de surfaces, tout cela va changer et demander une étude approfondie au cas par cas. C'est là que l'on rentre dans l'éclairage photographique. C'est pourquoi il est fondamental de bien connaître l'exposition, le focus avant, puisque dans une démarche d'apprentissage sur la construction de la lumière, on est censé connaître toutes les bases de la photographie.


Vous ne voyez pas les objets mais leurs réflexions. Et vous ne voyez pas de réflexion sur le noir.

Sur l'exemple de la photo ci-dessus prise sur le net, on voit une quantité réflexion diffuse proportionnelle à la densité. Plus la densité est importante plus les photons sont absorbés puis converti en chaleur. Moins cette densité est présente, et plus il y a de réflexion. Le noir reste une absence de photo : il ne réfléchit pratiquement pas de lumière à moins d'augmenter l'exposition ou bien de fournir un éclairage plus puissant pour les zones noires.

Mais si par exemple, je prends l'exemple du noir, si celui-ci est mat, il n'y aura pratiquement aucune réflexion ni diffuse ni directe. Si en revanche, il est brillant, alors, une réflexion directe se fera uniquement si la source incidente s'avère placée sur un angle très précis. Pour cela, nous devons établir la position de la caméra et la taille du sujet afin d'élaborer un système d'éclairage précis, ou bien pour créer ces réflexions directes, ou bien pour les éviter selon ce que nous voulons faire. On peut par exemple imaginer une réflexion directe sur du noir brillant de manière à présenter une bande blanche qui va montrer le rendu de surface qui est brillant.

J'ai parlé d'une matière noire. Je terminerai par une matière blanche. En fonction de la présence, de l'absence, de la quantité de l'éclairement sur du blanc on peut donc, créer un noir, un gris ou un blanc avec beaucoup de variations possibles compte tenu du taux de réflexion diffuse disponible sur du blanc. Un fond blanc ou un mur blanc est là et il réfléchit de la lumière (essentiellement diffuse) uniquement si de la lumière va en son sens. En fonction de l'éclairement reçu, à partir du moment où vous contrôlez l'éclairement de cette surface blanche, vous pouvez faire toutes les alternatives possibles du noir jusqu'au blanc. C'est en ce sens par exemple que l'on va préférer un fond blanc à un fond noir puisque le fond noir lui, ne réfléchissant pratiquement pas de lumière restera à peu près noir ou gris foncé si vraiment on l'éclaire.

Voilà. Si mon tutoriel vous a plu, cela veut dire que vous êtes paré pour l'étude du livre "Manuel d'éclairage photo" aux Editions Eyrolles qui m'a appris beaucoup de choses. C'est d'ailleurs grâce à ce que j'ai appris de lui que j'ai pu vous écrire ce tutoriel. Son fonctionnement diffère des autres bouquins car il inclue la notion de famille d'angles manifestement inconnue de la plupart des photographes mais qui me semble indispensable par exemple pour savoir placer une source de lumière en fonction du type de réflexion de telle et telle matière.Voir notre topic sur le "Manuel d'éclairage photo".

J'aurais pu parler des flashs, des ombres, du portrait, des modificateurs de lumière :melangerlespin , et c'est en cours ! :clin d\'oeil:  Mais pas sur un seul et même tutoriel.

Voilà. J'attends vos questions, vos apports, vos rectifications éventuelles. study 

Cordialement.


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100% tropicalisé à l'exception des lampes flashs !

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J'explique des photons à la photo !

Message par Invité le 26/10/2013, 09:35

Bonjour,


Ce sujet me parait très intéressant, :melangerlespin 
Mais je reviendrais plus tard pour le lire tranquillement,

Cordialement

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J'explique des photons à la photo !

Message par Invité le 26/10/2013, 19:32

Bravo,


C'est passionnant, bon courage pour la suite !

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Re: J'explique des photons à la photo !

Message par Invité le 27/10/2013, 11:08

Tu abordes ici un de mes sujets favoris.

Probablement un des rares cours de Physique qui m'avait interessé au lycée, et que j'ai retrouvé avec bonheur lorsque je faisais de l'Astronomie.

Je vais lire ton article avec gourmandise et surtout,
un grand merci pour ce travail. Rédiger ce genre d'article n'est pas toujours chose aisée et ça prend beaucoup de temps.

J'espère que tu n'as pas trop galéré avec des problèmes purement informatiques :sourireprogres

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super

Message par Invité le 30/12/2013, 09:18

Bonjour 
Très très intéressant ce sujet et je vais le relire ce soir , bravo Lionel 
MERCI BEAUCOUP 
Didier

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Re: J'explique des photons à la photo !

Message par Invité le 30/12/2013, 11:54

Bravo pour cet article que je vais prendre le temps de lire, mais j' ai peur de ne pas tout comprendre.
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Lionel
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Re: J'explique des photons à la photo !

Message par Lionel le 30/12/2013, 21:58

Bonsoir.

Ah !  sourire:  Merci à chacun pour l'intérêt que vous portez à mon tuto.  cheers 

Ah mais justement Inias, s'il y a des choses que tu ne comprends pas, moi j'attends les questions : je recherche depuis longtemps la possibilité de pouvoir expliquer (jusqu'à un certain niveau après euh...  :sourireprogres ). On serait tout content que l'on nous cite et que l'on nous pose des questions dans nos tutoriels.  :Satisfactionve   :pouceok: T'sais : ça nous encouragerait en plus !

Cordialement.


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Re: J'explique des photons à la photo !

Message par Lionel le 30/8/2015, 12:10

Bonjour.

Remise au jour d'un tutoriel que j'avais rédigé et qui lui aussi, me tenait à coeur.

L'erreur que je faisais à ce moment là était de considérer photons toutes les types d'ondes alors qu'il s'agit d'une onde, et que selon la longueur d'onde, lorsqu'elle est à peu près sur le spectre visible (soit conventionnement entre 400 et 700/750 nanomètres), on dénommine cette onde en l'appelant "photons". Mais ceci dit, le tutoriel est bon.

Comme quoi, Lionel, même sans avoir fait d'études supérieures en a tout de même dans le ciboulot !

Cordialement.


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merci de ces explications...

Message par Howen le 22/9/2015, 09:46

Merci Lionel, mais pour ma part, n'ayant aucune formation technique ou scientifique à la base, et n'ayant aucun goût pour la chose, je suis là, à ma limite de compréhension.
Il y a des domaines où je me satisfais d'en connaître l'usage, fut-il limité, que de chercher à en comprendre les causes scientifiques.
Mais je dois dire que ton explication vulgarisée m'a quand même permis de lire jusqu'au bout et de faire un distingo entre les réflexions.
Et vu mon degré de connaissances scientifiques, je préfère les tutos pratiques qui expliquent le traitement à appliquer en photo sans trop entrer dans les détails...pour ma part, bien entendu.
Encore une fois merci pour ce travail "grand public".
Bien cordialement,
Jacques


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Lionel
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Re: J'explique des photons à la photo !

Message par Lionel le 25/9/2015, 20:49

Bonsoir.

Ah mais c'est moi qui te remercie pour l'intérêt que tu sembles avoir porté pour mon tutoriel.

Moi aussi, je suis à la limite de ma compréhension. Si l'on me présentait les éléments avec des formules mathématiques, je serais bien incapable de comprendre et encore moins de les faire !

Celui-ci, c'était un tutoriel qui m'avait tenu à coeur parce que j'expliquais quelque chose qui était à côté de la photo, qui permettait à la fois de mieux comprendre scientifiquement la lumière (ainsi que les autres ondes proches d'elles-même : les UV et les infrarouges), et à la fois d'être en lien avec la photographie.

C'est vrai que c'est quelque chose qui n'est jamais abordé en photographie tandis qu'en même temps, rien que pour son plaisir personnel et pour se sentir plus proche de ce que nous faisons, ça peut aider à reprendre confiance en soi par exemple.

Alors évidemment, si après, la personne veut vraiment étudier la photo, ça me paraît indispensable de passer par là, mais c'est vrai qu'il faut différencier l'étude de la photographie et puis une passion qui peut parfois demander un peu d'étude.

Il est tout de même aussi intéressant de savoir que certaines personnes sont nommées "professionnelles" rien que par un numéro de siret, mais ne savent pas ce que je sais moi-même, alors que je ne m'estime aucunement être un photographe professionnel.
Pour moi, l'amour du métier, ça passe par la connaissance sur beaucoup de choses (ne pas se limiter à sa formation), par l'adaptation de contraintes extérieures.

Non : je pense que c'est un tutoriel qui peut s'avérer (ou en tout cas je l'espère) intéressant par la curiosité éventuelle d'en savoir un peu plus. "Photon" par exemple, on en entend parler. "Tiens-donc, qu'est-ce que c'est que ça (etc...)" ? Moi c'est pareil : quand j'essaye de comprendre des choses, il faut aussi qu'elles soient comparées à des choses simples. Comme disait un monsieur que je trouvais bien : "Si l'on on prend un exemple compliqué, on ne comprend pas !". Je m'étais dit "Tiens ! La pêche permet de bien illustrer : on sait tous ce que c'est, pourquoi pas ?".

Cordialement.


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Reflex Olympus E-5 + Zuiko PRO 14-54mm 2.8-3.5 II + Zuiko PRO 50-200mm 2.8-3.5 II SWD + Zuiko PRO 50mm macro f/2 + Zuiko TOP PRO 35-100mm f/2 + Doubleur de focale Olympus EC-20 + Tube d'allonge Olympus EX-25 + 2 Flashs cobra Olympus FL-36R avec support double flash Olympus + Viseur d'angle Olympus VA-1.
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Re: J'explique des photons à la photo !

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